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le 10 Février 2007 - Page dernièrement modifiée le Samedi
10 Février 2007
Manifeste
pour le maintien de la protection du Bouquetin des Alpes
Octobre
2006
Le
Bouquetin des Alpes a failli disparaître de la surface du globe à la fin du 19ème
siècle. Il ne doit sa survie qu’à la seule petite centaine d’individus qui est
arrivée à subsister à la chasse qui lui était alors faite partout en Europe.
Le
caractère peu farouche du Bouquetin rendait cette chasse beaucoup trop facile.
Ce comportement, rare dans la faune sauvage européenne, a bien failli être la
cause de la disparition de cette espèce. La toute petite population survivante
a heureusement pu être sauvée par la création du Parc National du Gran Paradiso
(Italie), où le bouquetin a pu bénéficier d’une protection intégrale.
C’est
ce petit noyau de population qui est à l’origine de la reconstitution des effectifs
sur l’arc alpin. Rappelons que le Bouquetin des Pyrénées n’a pas eu cette chance.
Le dernier individu de cette espèce est mort il y a tout juste 10 ans.
Le Bouquetin des Alpes est aujourd’hui une espèce protégée par la loi française.
De même, l'expèce bouquetin est reconnue «d’intérêt communautaire» au niveau européen
(annexe 5 de la Directive européenne n°92/43 Habitats, faune et flore).
Actuellement, les instances cynégétiques font pression pour obtenir l’inscription
du bouquetin aux plans de chasse départementaux (Haute-Savoie, Savoie et Isère).
Ces pressions sont uniquement fondées sur des motivations corporatistes et intéressées
cynégétiquement et non sur des arguments scientifiques pertinents :
- Sans nécessité économique,
biologiquement très inopportunes, chasser des bouquetins auraient des conséquences
désastreuses. La chasse grèverait la dynamique des populations de bouquetins au
taux d’accroissement naturellement peu élevé.
-
De vastes massifs n’ont toujours pas la chance d’accueillir à nouveau le bouquetin.
Si des individus sont prélevés, ce doit être pour contribuer au retour de l’espèce
dans les zones vides favorables et permettre la reconstitution de son aire de
répartition originelle et non pour orner le mur d’un salon de son «trophée».
- Le
bouquetin, de par ses exigences écologiques, est de loin l’ongulé qui interfère
le moins avec les activités humaines (agriculture et sylviculture). Economiquement
parlant, le bouquetin occasionne que peu ou pas de dégâts.
- Le
bouquetin est, parmi nos ongulés, l'espèce dont la tendance à l'autorégulation
démographique est la plus marquée : âge élevé de maturité sexuelle et baisse du
taux de natalité chez les femelles des populations denses.
-
La seule motivation pour la chasse du bouquetin est la recherche de trophée. Cette
pratique, favorise ainsi le tir d’une catégorie d’individus (les «gros» mâles)
et contribuera à la déstructuration les populations.
- Cette
espèce conditionne la présence du Gypaète barbu, espèce à forte valeur patrimoniale
à l’échelon européen en lui fournissant une grande partie de sa nourriture (os
et carcasses). Alors que le Gypaète barbu fait l’objet d’une importante opération
européenne de repeuplement, il serait tout à fait inconcevable que la France puisse
autoriser la chasse d’une espèce que l'on peut considérer comme «auxiliaire» ou
«associée».
- La
chasse au bouquetin ne saurait être accepté par les naturalistes, biologistes
de la faune, alpinistes et randonneurs, professionnels du «tourisme vert», grand
public intéressé par la nature qui sont très attachés à la présence et à l’observation
à faible distance de cette espèce particulièrement sociable envers l’homme.
- Enfin,
le Bouquetin remplit une fonction symbolique dans le corps social au même titre
que la Cigogne blanche : tout en étant facile à observer il reste une espèce sauvage
et fait ainsi le lien entre humanité et naturalité.
Les
associations désignées ci-dessous demandent aux autorités françaises de ne pas
céder à cette nouvelle requête des dirigeants de la chasse française, afin que
le bouquetin des Alpes conserve son indispensable statut d’espèce protégée :
Action
Nature, ASPAS, AVES France, CORA, CPN Brabant, FNE, Fondation Nature et Découvertes,
FRAPNA, LPO, Mille Traces, SEPANSO Landes, SFEPM, SNPN, Veg’Asso, WWF
Vous
pouvez participer à cette cyberaction en envoyant ce texte signé ou par e-mail
à : philippe.caron@environnement.gouv.fr
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