Page mise en ligne le 15 Juillet 2003 - Page dernièrement modifiée le Samedi 23 Juin 2007

Populations de Bouquetins des Alpes du Parc National des Ecrins

 

A travers cette page, je traîterai des 3 populations de Bouquetins du Parc National des Ecrins (Hautes-Alpes et Isère).

Voici un bref historique du retour du Bouquetin dans ce superbe parc, retour qui connut plus ou moins de succès :

Au total, début 2007, le Parc National des Ecrins (zone centrale et périphérique) abriterait 500 à 600 individus, divisés en 3 populations.


Plan :




 

 


POPULATION DU MASSIF DES CERCES


 

La réintroduction

Le 26 avril 1959, la Fédération Départementale des Chasseurs des Hautes-Alpes et la société de chasse de Monêtier-les-Bains lâchèrent 2 Bouquetins mâles dans le massif du Combeynot, sur la rive droite de la vallée de la Guisanne, non loin du col du Lautaret. Ce fut la première réintroduction de Bouquetins en France. Ces animaux, capturés dans la réserve de chasse du Mont-Pleureur (Valais), avaient été offerts par la Suisse en échange de castors provenant de la vallée du Rhône.

Mais ce secteur, placé à l'ubac, ne convenant pas aux animaux, ils s'installèrent rapidement sur les versants adrets de la vallée de la Guisanne, dans le Massif des Cerces, entre le Grand Galibier et Tête noire.

Le 5 octobre 1960, 2 mâles et 2 femelles sont réintroduits dans le massif des Cerces, rejoignant ainsi les deux mâles solitaires du premier lâcher.

Ces deux seuls lâchers sont à l'origine de la population actuelle.

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Territoires occupés

Actuellement, la majorité de la population du massif des Cerces se cantonne dans le secteur de l'Alpe du Lauzet (au dessus du Pont de l'Alpe).

Etagne en hiver

Etagne affrontant de terribles conditions hivernales dans le massif des Cerces.

Photo : © Christian ROLLAND (ski-rando.chez.tiscali.fr)

En hiver, les animaux fréquentent le pied des secteurs de Roche Robert, de Roche Colombe, des Arêtes de la Bruyère et de l'Aiguillette du Lauzet.

En été, les Bouquetins remontent jusqu'à Roc Termier et fréquentent tout ce secteur situé entre le Grand Galibier et Tête Noire, à cheval entre Hautes-Alpes et Savoie. Des animaux fréquentent aussi l'Aiguillette du Lauzet en été (comme cette chevrée observée fin juillet 2005) ou les Arêtes de la Bruyère au dessus du Grand Lac (1 jeune mâle en août 2001 et un groupe de 7 étagnes en juillet 2005).

Hormis cette zone, rassemblant la majorité de la population d'Ibex des Cerces, on sait que des animaux passent l'été dans d'autres secteurs du massif :

Il est possible que le nombre d'individus fréquentant le nord (secteur des Rochilles) et l'ouest (vallée de la Clarée) du massif soit sous-estimé.

Avec l'augmentation de la population de ces dernières années, des animaux sont maintenant observés plus à l'est, vers le bas de la vallée de la Guisanne. Ainsi,

Je n'ai pas d'infos récentes depuis cette date (hiver 2000/2001) sur cette "migration" vers l'est : désormais, des individus sont-ils présents toute l'année en Basse-Guisane ? Des femelles sont-elles maintenant observées ? etc.

Au contraire, au nord-ouest du massif des Cerces, de l'autre côté du col du Galibier, des animaux sont installés dans le secteur du Goléon et des Aiguilles d'Arve. En hiver, les Bouquetins sont cantonnés au dessus du hameau des Hyères (commune de La Grave-05) en rive droite de la vallée de la Romanche, tandis que l'été, ils fréquentent l'ensemble du secteur du Goléon et des Aiguilles d'Arves (commune de Valloire-73).

Depuis peu, ce noyau s'étend encore plus à l'ouest, sur le département de l'Isère. Ainsi, lors de l'hiver 2005/2006 et pendant l'été 2006, plusieurs animaux ont été vus dans le massif des Grandes Rousses (secteurs de l'Alpe d'Huez et du col de Sarennes), ŕ mi chemin entre les Cerces et Belledonne.

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Effectif et statut de la population

D'après le suivi effectué par le Dr. M. Reydellet, cette colonie était bien fixée et prospérait bien jusqu'à la fin des années 1970 :

Deux Bouquetins mâles, un jeune et un adulte, sur un éboulis, sous Tour Termier (Massif des Cerces). En arrière plan, on remarque le col du Lautaret, la route menant au col du Galibier et derrière, la Meije.

Photos : © Lionel TASSAN (perso.wanadoo.fr/lionel.tassan).

En 1977, un rapport d'un garde de l'ONC rapporte la présence de 70 Ibex dans le Massif des Cerces.

Mais au début des années 1980, une grande partie de la colonie émigra en Savoie, trop perturbée par l'activité du champ de tir des Rochilles - Mont Thabor et par le dérangement touristique. Cette colonie paya également un lourd tribu au braconnage. Au point qu'en 1986, un comptage de grande envergure (60 observateurs répartis en 19 équipes sur 6.500 ha du Massif, vallée de la Guisane et vallée de la Clarée) ne révèla la présence que de 23 individus.

Heureusement, le développement de la colonie reprit jusqu'à aujourd'hui.

Ainsi, on recensait :

La stagnation de l'année 2001 est due à une reproduction particulièrement faible. Ce déficit peut être expliqué par les dérangements constants dus à la fréquentation touristique et peut-être par le braconnage.

Heureusement, une forte reprise est constatée en mai 2003 et, à deux reprises, en 2004.

  1. Dans des conditions climatiques idéales, un comptage est effectué par les agents du Parc National des Ecrins, le 3 mai 2003, sur la rive gauche de la Guisanne et la rive droite de la Romanche (communes de Monêtier et La Grave). Il révèle la présence minimum de 228 Bouquetins ; une population en augmentation et en expansion géographique sur La Grave et Monêtier ; que le déficit de cabris observés en 2001 est confirmé par la structure de la population. C ependant, ce comptage ne prend pas en compte les éventuels animaux présents sur la commune de Névache, dans la vallée de la Clarée, qui pourraient être plus nombreux qu'on ne le pense.
  2. Cette bonne santé de la population est confirmée en 2004 : le 7 mai 2004, un peu plus de 240 Bouquetins sont comptés sur la rive gauche de la Guisanne et la rive droite de la Romanche. Une fois de plus, ce comptage révèle l'expansion de la population (extension sur l'Isère maintenant) et un bon taux de reproduction.
  3. Un nouveau comptage est effectué le 5 novembre 2004 en rive gauche de la Guisane (entre Clot Julien et Pervou) ainsi qu'en deux secteurs de la Clarée (Béraudes et Queyrellin) : 264 Bouquetins ont été comptés dont 8 mâles en vallée de la Clarée. Ces animaux se répartissent de la façon suivante : 54 cabris, 26 individus de deux ans, 94 mâles adultes, 88 femelles adultes et 2 adultes indéterminés.
  4. Le 9 novembre 2005, un comptage a eu lieu en rive gauche de la haute vallée de la Guisane (la basse vallée de la Guisane, la vallée de la Clarée et le secteur de Goléon n'ont pas été comptés) : plus de 270 Ibex ont été observés.
  5. Le 16 novembre 2006, un comptage a eu lieu en rive gauche de la haute vallée de la Guisane (la basse vallée de la Guisane, la vallée de la Clarée et le secteur de Goléon n'ont pas été comptés) : 261 Bouquetins sont observés. Néanmoins, le faible enneigement fait que les individus sont encore très haut en altitude et pas encore tous regroupés en hardes. Beaucoup d'individus ont pu échapper au comptage.

Malgré le faible taux de croissance (bien qu'une forte reprise soit constatée tout récemment, en 2003 et 2004) et une menace due à la fréquentation touristique, la population de Bouquetins du massif des Cerces semble bien implantée actuellement et s'étend même sur de nouveaux territoires (communes de Névache et de La Grave notamment).

De plus, l'observation en mai 1999 d'un Bouquetin mâle de 8 ans, marqué aux deux oreilles (Oreille gauche : Intérieur Rouge, Extérieur Vert ; Oreille droite : Intérieur Rouge, Extérieur Vert), prouve que des échanges avec d'autres colonies sont possibles, ce qui est très positif pour la diversité génétique de la population des Cerces. Cet individu ne provient ni des Ecrins (Valbonnais ou Champsaur), ni de Belledonne ; il doit donc s'agir d'un Ibex italien car des réintroductions ont été effectuées tout le long de la frontière ces dernières années.

La présence de l'espèce dans le massif des Grandes Rousses (Isère), ŕ mi chemin entre les Cerces et Belledonne, laisse espérer la fusion prochaine de ces deux importantes populations. Ce serait alors une nouvelle excellente pour l'avenir de l'espèce dans cette région charnière des Alpes.

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POPULATION DU VALBONNAIS - OISANS


 

La réintroduction

Au printemps 1989, 16 Bouquetins (8 mâles et 8 femelles), capturés dans la vallée de la Maurienne (Parc National de la Vanoise) puis transportés par camionnette dans la nuit, furent relâchés dans le Valbonnais, au nord-ouest du Parc National des Ecrins (département de l'Isère).

Du 23 au 27 avril 1990, on procéda à un second lâcher de 12 Ibex (5 mâles et 7 femelles), toujours dans cette vallée du Valbonnais, sur la commune d'Entraigues.

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Territoires occupés

La colonie, ayant rapidement débordée sur le secteur de l'Oisans (nord du Parc), occupe dès les premiers mois 400 km² d'un massif constitué par le triangle : Arcanier - Muzelle - Rochail.

Même si la démographie de cette colonie reste un mystère pour les observateurs, essayons de définir plus précisément les territoires occupés par cette colonie de Bouquetins. La colonie semble actuellement divisée en 3 groupes : un principalement centré en Oisans et 2 en Valbonnais.

cen

Vallon de Valsenestre. Cliquez sur la photo pour voir l'agrandissement.

Photo : © M. GIDON (http://www.geol-alpes.com/h_oisans/index_oisans.html)

Actuellement, trois zones de rut et d'hivernage sont connues pour la population du Valbonnais - Oisans.

La principale zone d'hivernage se situe dans le secteur du Valbonnais, sur le quartier Vêt - Arcanier, au dessus de la Chapelle-en-Valjouffrey (Valbonnais). Les animaux s'installent sur ce vaste versant sud, notamment sous la Tête de la Loza d'Aime, entre 1800 et 2300 mètres d'altitude. Entre 1999 et 2003, ce secteur a rassemblé 20 à 25 Bouquetins chaque hiver. Lors du dernier hiver (2002/2003), le 12 décembre 2002, 25 Bouquetins ont été comptés en plusieurs groupes. Leur répartition était la suivante : 13 femelles, 6 cabris et 6 mâles. Chaque année, on constate un net déficit de mâles adultes.

La seconde zone de rut et d'hivernage se trouve dans le secteur de l'Oisans et correspond au versant sud de l'Héritière. Lors du dernier hiver (2002/2003), 25 individus différents ont été observés dans le vallon de l'Héritière, le 14 janvier 2003, par Serge Dérivaz (garde-moniteur du Parc assurant le suivi de la population). Ailleurs dans le secteur de l'Oisans, des Bouquetins (principalement des étagnes et leurs cabris) ont souvent été vus dans le vallon du Lautivel lors de l'hiver 2000/2001 (notamment en janvier 2001).

Enfin, des observations, effectuées au début du printemps 2001, laissaient penser que des Ibex hivernaient plus à l'est, à Valsenestre (Quatre-Aiguilles), mais surtout à Font Turbat (Aillot). Dans ce secteur, une femelle fut observée fin décembre 2000 dans une falaise du Ferrand (Secteur de la Haute-Pisse). Ces différentes observations prouvaient l'hivernage de quelques individus lors de l'hiver 2000/2001 dans le vallon de Font Turbat. Je n'ai pas d'infos concernant la situation lors des hivers suivants (2001/2002, 2002/2003 et 2003/2004) mais tout récemment, je viens d'apprendre qu'un comptage organisé par le Parc National des Ecrins dans le vallon de Font Turbat lors de l'hiver 2004/2005 a permis de recenser 15 individus : 13 sur la rive gauche de la cascade de la Pisse et 2 dans la combe d'Aillot.

Dans le secteur du Valbonnais, les migrations sont bien connues depuis quelques années.

Le Lac du Vallon, dans le secteur du Rochail. Les environs sont fréquentés par quelques groupes de Bouquetins en été.

Photo : © Christophe FLEURY (christophe.fleury.free.fr)

Début fin février, la harde d'hivernants de l'Arcanier se fragmente et les animaux se déplacent en direction des vallons de la rive droite du Béranger et du versant escarpé des Quatre-Aiguilles (vallons de Gorge, Combe Guyon et Valsenestre). Les groupes formés peuvent parfois être très importants : ainsi, en avril 2002, 26 Bouquetins dont 10 cabris étaient concentrés autour de la cabane de Combe Guyon. L'altitude fréquentée est nettement inférieure qu'en hiver puisque les Ibex évoluent entre 1400 et 2100 mètres. En juin, la migration étant terminée, une partie des animaux se dirigent vert le haut du vallon de Valsenestre puis se dispersent le long des crêtes rocheuses, l'autre partie va occuper les vallons d'Aillot et de la Haute-Pisse.

Tous rejoignent ainsi leur domaine estival.

En Valbonnais, quelques Bouquetins sont également observés au Ferrand (vallon de Font-Turbat) à cette période. Le 27 mai 2002, 10 animaux (6 mâles, 2 femelles et 2 cabris) sont facilement observés tout près de la cascade de la Pisse, au pied du Grand Ferrant, dans le vallon de Font-Turbat.

Entre 1999 et 2002, ces parcours migratoires du Valbonnais rassemblaient entre 20 et 30 individus (comptages effectués en mai), chaque année. En 2003, le comptage effectué le 24 avril donne un chiffre beaucoup plus important, puisque 43 individus différents sont observés dans le Valbonnais ce printemps là.

Lors de ces mêmes comptages, une quinzaine d'individus sont observés en Oisans, entre Villard Notre-Dame, le vallon des Sources, Rochette et le vallon de Malhaubert.

On connaît actuellement 3 zones d'estives régulièrement utilisées :

  1. Le Clapier du Peyron de la Muraillette (Valbonnais) : la ligne de crête de ce massif, depuis le Signal du Lautivel jusqu'au Clapier du Peyron et la Tête de la Muraillette, est surtout utilisée par un groupe d'étagnes suitées. Les animaux fréquentent indifféremment le versant du Lautivel (Oisans) ou de Valsenestre (Valbonnais). En 2001, un groupe composé de 9 étagnes, 8 cabris et quelques éterlous était régulièrement observé. En 2002, 6 femelles et 5 cabris ont été observés. Les étagnes suitées descendent parfois "au sel" près de la cabane de berger du vallon de Valsenestre.
  2. Le Rochail (7 km au Nord-Ouest, entre Valbonnais et Oisans) : chaque été, un groupe de femelles suitées est également observé sur les crêtes du Rochail (Valbonnais) et de l'Héritière (Oisans), ainsi que quelques groupes de jeunes mâles. Au cours de l'été 2001, un minimum de 14 femelles (avec seulement 4 cabris) a été contacté. En 2002, jusqu'à 26 animaux distincts ont été observés dans le secteur, parmi lesquels 13 étagnes et 8 cabris.
  3. Le Ferrand (à 6 km au Sud-Est) : Quelques mâles (jamais plus de 5) sont observés chaque année sur le Ferrand et le vallon de la Haute-Pisse. Moins régulièrement, des étagnes sont également contactées. Lors des comptages de 2006, aucune observation n'a été réalisée.

Pour finir, quelques individus se sont installés dans le site de basse altitude de la Roche, au dessus d'Entraigues (voir : Effectif et statut de la population).

Hormis la micro-population de la Roche (Entraigues) très singulière, la population de Bouquetins du Valbonnais-Oisans est composée de 2 noyaux :

Actuellement, on ne sait pas si, comme au cours des premières années d'installation, des échanges se font entre les deux noyaux. Mais ceci est fort probable.

 

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Effectif et statut de la population

Le suivi très attentif de la population par radio-pistage et l'observation précise de la reproduction ont permis de dénombrer :

Harde mixte de Bouquetins, au printemps, près de la cabane du berger de Combe Guyon.

Photo : © Christophe STAGNETTO (photoperso83.chez.tiscali.fr)

Il semble que depuis plusieurs années, la population stagne largement en dessous de la centaine d'individus. Les différents comptages printaniers et suivi estivaux confirment ce chiffre, qui ne croît pas d'années en années. Cependant, une petite reprise - constatée en 2002 et 2003 - ne s'est pas poursuivie ensuite. Peut-être était-elle due à une meilleure répartition des observateurs et à une meilleure réussite des comptages, plus qu'à une réelle augmentation de la population.

Résultats des comptages de 2000 à 2006 (Nombre d'individus comptés dans le Valbonnais-Oisans + Nombre d'individus comptés à la Roche) :

D'après les agents du Parc assurant le suivi de la population, la barre des 100 individus est peut-être atteinte en 2005.

Pour finir, fin 2002, la colonie de la Roche comptait seulement 4 individus dont un animal marqué ("Toufou" - 371 : mâle de 5 ans (en 2003)). Début 2003, elle ne comprenait plus que 3 individus. Cette micro-population, fondée en 1990 par l'étagne pionnière "Modane" (092), est montée jusqu'à 7 individus entre la fin de l'année 2000 et le début de l'année 2001 (2 femelles, 2 cabris, 4 mâles de 2, 3, 5 et 11 ans) mais ne cesse de chuter depuis cette date (7 début 2001, 5 fin 2001, 5 début 2002, 4 fin 2002, 3 début 2003). En 2004, 4 individus sont sédentarisés sur ce site (2 mâles d'âge moyen marqué, 1 étagne et 1 éterle).

Les causes de cette stagnation sont certainement doubles :

La première hypothèse est justifiée par le nombre relativement important de cas de mortalité, essentiellement dus aux avalanches et à la maladie caséeuse. Le fait qu'on observe très peu de vieux mâles, alors que la pression d'observations est relativement importante et que les zones de recherche sont étendues, confirment l'anormale mortalité adulte. De plus, les hardes de mâles sont très rares alors que les chevrées sont plus courantes.

Causes
Mâles
Femelles
Cabri
TOTAL
Avalanches
7
2
0
9
Maladie caséeuse
4
1
0
5
Indéterminées
4
3
1
8
TOTAL
15
6
1
22

Les animaux morts caséeux sont découverts au hasard, près des sentiers. On pense donc que des cas échappent à l'observation. Ces découvertes remontent à 1995, 1996, 1997 et 1998. Cette maladie semble surtout sévir dans le secteur du Valbonnais. En août 2006, un Bouquetin mâle de 4 ans a encore été découvert mort au col du Rochail, victime de la maladie caséeuse. La mortalité hivernale, due aux avalanches, est très importante dans ce massif du fait de la rigueur du climat et du relief.

La dispersion des animaux entraînerait un éclatement de la colonie : des individus ne participeraient donc pas au rut, ce qui expliquerait le faible taux de natalité actuellement constaté.

Concernant la colonie de la Roche, elle est en diminution actuellement. Les animaux, au contact des chèvres domestiques, ont véhiculé des maladies. Des croisements entre Bouquetins mâles et chèvres domestiques (femelles) ont donné naissance à des hybrides, actuellement étudiés par l'INRA.

Le dernier individu marqué "pionniers", l'étagne "Maurienne" (encore observée en 2005) a été découverte morte en 2006 à l'âge avancée de 23 ans.

Par ailleurs, deux Bouquetin mâles ont été capturés à l'aide d'un piège à lacet sur le secteur de La Roche (Valbonnais), au printemps 2002. Du sang a été prélevé pour être analysé. Il s'agit de la première opération du programme de recherche sur la transmission des maladies entre faune domestique et faune sauvage.

Il s'agissait du mâle "Eden" (n°361) de 12 ans (en 2002) avec Oreille Droite : vert et Oreille Gauche : rouge ; ainsi que le mâle "Toufou" (n°371) de 3 ans (en 2002) avec Oreille Droite : rouge et Oreille Gauche : vert. Le mâle "Eden", séropositif aux lentivirus, est retrouvé mort durant l'été 2002 sans que son autopsie puisse être réalisé. En 2003, un mâle de 7 ans a également été marqué à l'aide d'un piège à lasset (pas plus de précisions).

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POPULATION DU VIEUX-CHAILLOL - SIRAC


 

La réintroduction

  1. 1983 : Etude de M. WIESERMA sur les potentialités du massif des Ecrins à accueillir des Bouquetins
  2. 1988 : Charte sur la réintroduction du Bouquetin
  3. 1989 - 1990 : Réintroduction de 28 Bouquetins dans le Nord-Ouest du Parc des Ecrins (secteur du Valbonnais)
  4. Eté 1992 : Etude de faisabilité sur le projet de réintroduction
  5. Automne 1992 : Présentation officielle du projet auprès des élus
  6. Printemps 1993 : Report de la réintroduction à cause de la kératoconjonctivite qui sévit dans le Parc National de la Vanoise
  7. Automne 1994 : Réintroduction de 7 Bouquetins (4 mâles et 3 femelles) venant du Parc National de la Vanoise
  8. Printemps 1995 : Réintroduction de 23 Bouquetins (10 mâles et 13 femelles) venant du Parc National de la Vanoise

Les 7 individus capturés dans le Parc National de la Vanoise en septembre 1994 provenaient de la vallée de la Tarentaise, plus précisément du massif du Mont Pourri sur la commune de Peisey-Nancroix. Au contraire, les 23 autres Bouquetins lâchés au printemps 1995 avaient été capturés en vallée de la Maurienne, plus précisément dans le secteur de l'aiguille Doran, sur la commune d'Aussois.

Le site de réintroduction correspond au secteur du Champsaur, situé au Sud-Ouest du massif des Ecrins. Ce massif très hétérogène, présentant des faciès sédimentaires et métamorphiques, comporte de grands versants orientés au sud avec une grande amplitude altitudinale. La pente est globalement forte et les milieux rocheux représentent un tiers du paysage.

Le lieu de lâcher correspond quant à lui à la vallée de Champoléon. Les animaux furent réintroduits entre les hameaux des Beaumes et des Clots, au pied des versants sud des massifs de Crupillouse et du Puy des Beaumes. Le lieu de lâcher est à proximité immédiate de la zone centrale du Parc.

Au départ, tous les animaux étaient porteurs d'un collier émetteur Telonic ayant chacun sa propre fréquence et ils ont tous été individualisés par des marques auriculaires de couleur (boucles d'oreille de couleur). Voici les différents animaux réintroduits :

Présentation des 30 individus relâchés

FEMELLES
MALES
NOM
DATE DE NAISSANCE
NOM
DATE DE NAISSANCE
201 - EMMA
1993
101 - CHOUCHOU
1988
202 - PRUNELLE
1989
102 - PRAPIC
1989
203 - CAPRA
1990
103 - BOBI
1993
204 - KAREN
1988
104 - ROCKY
1993
205 - MYRTILLE
1992
105 - MICKAEL
1994
206 - CAPUCINE
1992
106 - OSCAR
1993
207 - CORA
1993
107 - VAGABOND
1993
208 - PARRACHEE
1987
108 - PIED AGILE
1993
209 - CLOCHETTE
1993
109 - ECLAIR
1992
210 - CARLINE
1988
110 - CAPRIX
1991
211 - PARADISO
1991
112 - MOGLY
1985
213 - HAVANE
1990
113 - PETIT TAMBOUR
1992
214 - MINA
1990
114 - VITESSE
1990
215 - FALAISE
1993
115 - VANOISE
1991
216 - CARESSE
1991
217 - BEATRICE
1991

Aucun des animaux nés sur le site n'a été marqué. Ainsi, ils ne peuvent pas être identifiés individuellement, à l'exception d'un individu : en 2002, une jeune étagne à la corne cassée, baptisée "Chauvetanne", est repérée dans le cirque du Gioberney (Valgaudemar). Facilement reconnaissable, elle peut être à nouveau identifiée et observée.

Voir plus bas pour savoir quels individus pionniers sont toujours en vie à l'heure actuelle.

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Territoires occupés

Toutes saisons et années confondues, la colonie a occupé un territoire de 475 km² environ, entre les secteurs du Champsaur, du Valgaudemar, de Vallouise et de l'Embrunais au sein du Parc National des Ecrins. A l'occasion, les bouquetins ont fréquenté les secteurs du Briançonnais, du Valbonnais et de l'Oisans.

Des observations de Bouquetins ont été effectuées sur les communes d'Orcières, de Bénévent-et-Charbillac, de Saint-Michel de Chaillol, des Costes (Champsaur), de Saint-Jacques et Saint-Maurice-en-Valgaudemar, de Villard Loubière, de Saint-Bonnet (Valgaudemar), de Champcella, de Freissinières, de L'Argentière-la-Bessée, de Pelvoux (Vallouise), de Châteauroux-les-Alpes, de Réallon (Embrunais), de Le Monêtier-les-Bains, de Villar d'Arêne (Briançonnais), de Valjouffrey (Valbonnais), de Saint-Christophe-en-Oisans (Oisans) mais les communes où ils sont le plus couramment observés restent Champoléon, La Motte-en-Champsaur (secteur du Champsaur), Vallouise (secteur de Vallouise) et La Chapelle-en-Valgaudemar (secteur du Valgaudemar). Etudions maintenant plus précisément les territoires occupés, chaque saison, par cette population.

1. - La rive droite de la vallée du Drac Blanc (Champoléon)

En hiver, la quasi-totalité de la population rejoint la vallée de Champoléon. Cependant, la population n'est pas entièrement rassemblée en un grand troupeau dans un secteur précis mais au contraire, disséminée en petites hardes tout le long de la rive droite de la vallée du Drac Blanc.

Résultat des comptages effectués par le Parc National des Ecrins en vallée de Champoléon :

Site d'hivernage / Hiver
94-95
95-96
96-97
97-98
98-99
99-00
00-01
01-02
02-03
03-04
04-05
05-06
06-07
Tourrond
?
7
Puy des Pourroys
5
22
6
6
11
12
23
?
21
23
17
19
 
Valestrèche (Haut)
?
20
2
 
Valestrèche (Rive Droite)
1
11
15
?
18
17
22
 
Valestrèche (Rive Gauche)
8
?
11
28
27
 
Puy des Beaumes - Travers du Puy
17
16
18
11
?
10
18
5
12
 
Les Bausias
6
1
10
15
4
?
10
15
20
21
 
Bécé
?
10
 
Puy des Auberts
1
?
12
 
Puy de la Chaumette
3
La Pierre
1
1
5
?
Les Goudemards
1
1
1
?
Le Cayre
5
?
TOTAL - Vallée de Champoléon
6
28
32
28
41
46
53
62
71
92
92
113 + 2 = 115
147

(Les chiffres en italique correspondent au nombre d'animaux marqués)

cen
cen

Différentes photos de Bouquetins, prises au cours du mois de décembre 2003, dans la vallée du Champoléon. Cliquez sur les photos pour voir les agrandissements

Photos : © Olivier TOURILLON (crave.free.fr).

Cependant, depuis quelques années, avec l'agrandissement spatial mais aussi numérique de la colonie de Bouquetins des Alpes, de nouveaux sites d'hivernage sont fréquentés dans d'autres vallées comme :

2. - Le vallon du Sellon (La Motte)

Cette zone d'hivernage, la plus à l'ouest de la colonie, se trouve plus précisément du côté de l'Arête de Jartier, au fond du vallon du Sellon, sur la commune de la Motte-en-Champsaur : présence (non quantifiée) de Bouquetins au cours de trois hivers (2001/2002, 2002/2003 et 2003/2004). Un comptage effectué le 11 décembre 2003 a permis d'y observer 3 individus (1 femelle, son cabri de l'année et 1 mâle de 5 ans). Semblant délaissée pendant quelques temps puisqu'aucun animal n'était observé au cours des hivers 2004/2005 (prospection effectuée le 10 décembre 2004) et 2005/2006 (prospections les 20 décembre 2005 et 13 janvier 2006), 3 individus ont de nouveau été comptabilisés lors de l'hiver 2006/2007.

3. - Le cirque du Gioberney (La Chapelle-en-Valgaudemar)

La présence d'Ibex a été prouvée pour la première fois au cours de l'hiver 2002/2003. Un comptage effectué lors de l'hiver 2003/2004 (le 17 décembre 2003) a permis d' observer un groupe de 7 individus (1 femelle adulte, 1 femelle née en 2002 et 5 mâles dont 1 de plus de 7 ans) au Pilier du Pigeonnier, mais les observations printanières montrent que plus d'une dizaine d'animaux ont hiverné à Gioberney. En novembre 2003, 15 individus avaient été vus au Pilier, dont faisaient partis "Béatrice" (plus vue depuis août 2000, on l'avait considéré comme disparue !), "Clochette" et "Chouchou". Ces 2 derniers Bouquetins ayant été observés à Champoléon lors des comptages, on peut penser que les individus qui ont "disparu" du Pilier, entre novembre et décembre, sont partis rejoindre leurs congénères du Champsaur. Lors de l'hiver 2004/2005 (prospection réalisée le 13 décembre 2004), 20 individus sont présents au cirque du Gioberney (dont "Chouchou" et "Béatrice"), mais aussi plus en amont, du côté de La Condamine. Lors de l'hiver 2005/2006, 18 animaux ont été recensés dans le cirque, divisés en 2 groupes : 3 au Pilier et 15 du côté de La Condamine / Pointe Richardson. En 2006/2007, ils sont 21 au Pilier du Pigeonnier.

4. - D'autres sites d'hivernage existent peut-être mais n'ont pas encore été découverts

Le 22 mai 2003, un groupe d'Ibex, dans lequel était présente "Caresse", est observé dans la vallée de l'Onde (Vallouise). Ces animaux ont très certainement dû y passer l'hiver comme deux autres en 1995/1996. Il faut savoir que le site d'hivernage de "Caresse" est inconnu : depuis 5 ans, elle n'est jamais observée sur les sites d'hivernage habituels alors qu'elle est très souvent contactée en été, avec ou sans cabri, en Vallouise ou Champoléon. La vallée de l'Onde est-elle ce site d'hivernage que l'on cherchait depuis longtemps ? Un comptage fut organisé dans cette vallée en décembre 2003 et 2004, mais aucune observation n'a encore été réalisée. Mystère ...

Lors des premières années d'occupation du massif par les Ibex, mais maintenant encore, quelques animaux à la conquête du territoire ont fréquenté d'autres sites d'hivernage, dans les vallées limitrophes, mais très ponctuellement : le secteur de Beaume Rousse (vallée du Valgaudemar) avec 1 animal en 1994/1995, 6 animaux en 1997/1998 (dont 3 marqués) et 1 animal marqué en 1999/2000 ; celui de Béassac, sur la commune de Vallouise (vallée de l'Onde) avec 2 animaux marqués en 1995/1996 ; Le Piar - Dormillouse, en vallée de Fressinières (secteur de la Vallouise) : 2 animaux marqués en 1995/1996, 1 animal marqué en 1996/1997 et 1 animal marqué ("Bobi") en 2002/2003 ; ou encore Villar d'Arêne avec 1 animal marqué chaque hiver entre 1995/1996 et 1999/2000.

Cet hiver 2006/2007, un jeune mâle est observé fin novembre sur la commune de Freissinières, dans le vallon de Fangeas. Début janvier 2007, 2 individus ont été observés sur la crête du col de Fressinières, entre Vallouise et Embrunais. Compte-tenu de ses observations et de celles réalisées pendant l'été dans ce secteur, on peut penser qu'un nouveau site d'hivernage est en cours de formation entre Vallouise et Embrunais, ce qui constituerait un grand saut vers l'est pour la colonie. A confirmer dans les années à venir...

Au printemps, les animaux de Champoléon se rencontrent surtout dans le vallon du Tourrond, le secteur Valestrèche - Mourre-la-Mine - Puy-des-Baumes (surtout des femelles et leurs jeunes) et les contreforts de Croupillouse, c'est-à-dire (pour simplifier) l'ensemble des barres de la rive droite de la vallée de Champoléon (versant adret du massif de Crupillouse notamment).

Au printemps 2005, 45 individus sont observés dans les alpages du Vallon du Tourrond (parmi lesquels "Parrachée" (la doyenne) et "Cora"), contre 30 en 2004 ; 15 femelles et jeunes à Valestrèche (parmi lesquels "Paradiso" et "Mina") et 30 individus sur les contreforts de Crupillouse (parmi lesquels "Falaise", "Clochette" et "Myrtille"). Les animaux parcourent ces secteurs en hardes comprises entre 5 et 20 individus. Actuellement, même s'ils descendent à très basse altitude, les Bouquetins n'ont pas encore été vus dans les prés de fauche de la vallée.

Par ailleurs, chaque printemps (2004 et 2005), le pionnier "Vanoise" est observé, en solitaire, sur la rive gauche de la vallée de Champoléon, dans le vallon du Cayre et le secteur de l'Aiguille Rousse, sous l'Aiguille de Cédéra, au dessus du Hameau des Borels.

Depuis le printemps 2004, des Ibex fréquentent le Cirque du Gioberney au printemps, suite à l'hivernage de quelques individus dans la zone. Une dizaine de Bouquetins ont ainsi été observés au printemps 2004 (dont la femelle "Béatrice") ; une douzaine au printemps 2005 (dont "Chouchou" et "Béatrice")

Un groupe de Bouquetins a été observé au printemps 2003 dans la vallée de l'Onde, en Vallouise mais aucune observation n'a été effectuée en 2004 et 2005. Ceci confirme le fait qu'aucun Bouquetin ne semble avoir hiverné dans le secteur en 2003/2004 et 2004/2005.

1. - Le massif du lâcher, entre la rive droite de la vallée de Champoléon (Champoléon) et le vallon de l'Aup (La Chapelle-en-Valgaudemar)

Les individus qui passent l'été dans ce secteur sont dits "sédentaires".

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Différentes photos de Bouquetins prises au printemps dans la vallée du Champoléon. Cliquez sur les photos pour voir les agrandissements

Photos : © Marc CORAIL (n°1) et © Olivier TOURILLON (n°2,3 et 4)

Les étagnes et les jeunes fréquentent les versants de cette ligne de crêtes (crête de la Montagne de l'Ours). Les animaux fréquentent aussi bien le versant sud dans le vallon de Valestrèche (commune de Champoléon) ; que le versant nord dans le vallon de l'Aup (commune de La Chapelle). En 2006, 13 individus étaient observés sur le versant champsaurin de la Montagne de l'Ours : 6 étagnes, 6 cabris et un jeune d'un an. Par contre, ils étaient 25 du côté de La Chapelle : 15 femelles et 10 cabris.

Plus à l'ouest, entre Vieux Chaillol et Mourre-la-Mine, des individus passent l'été dans les secteurs de Mal Cros ou de la Muande. En 2006, 2 étagnes et 2 cabris étaient du côté de la Muande ; 2 femelles, 2 mâles, un cabri et un jeune d'un an à Mal Cros et enfin une étagne et son cabri sur Mourre-la-Mine.

A Champoléon toujours, mais plus à l'est, d'autres sites sont utilisés comme le vallon de Crupillouse (Bausias, Aiguille d'Espères, Parières) et le vallon de l'Isola.

En 2003, une nouvelle zone de mise-bas est découverte dans le Valgaudemar à Pian avec 2 cabris, mais n'est plus retrouvée en 2004. Au cours de l'été 2005, une harde de 4 animaux (dont une femelle et son cabri) est observée dans le secteur, au Jas du Seigneur. Ils étaient 11 au cours de l'été 2006 : 4 femelles adultes, 4 cabris, 1 jeune de deux ans et 2 mâles adultes.

La plupart des groupes de mâles sont observés dans le vallon de l'Aup (La Chapelle-en-Valgaudemar), mais surtout dans le secteur de Pian (La Motte-en-Champsaur), entre les cols des Moutières, du Sellon et de Font-Froide. Au cours de l'été 2005, une groupe de 8 mâles est présent au niveau du col du Sellon et un autre de 7 mâles au niveau du col de Font Froide. 2 autres mâles sont présents en contrebas, à Jas du Seigneur. Au cours de l'été 2006, 15 mâles et la femelle "Cora" ont encore été observés au niveau du col du Sellon.

A Champoléon, le mâle "Vanoise" est observé au cours de l'été 2004 en dehors des sites d'estive habituels puisqu'il est présent dans la haute vallée du Drac Blanc, à la Rouite. Les étés 2005 et 2006, un groupe de 5 mâles (dont "Vanoise" en 2005 mais pas en 2006) est observé entre La Rouite et le Martinet.

A l'occasion, de jeunes individus poussent parfois des incursions encore plus au sud. Ainsi, sur la commune de Saint-Michel-de-Chaillol, 2 jeunes mâles en vadrouille ont été observés à la Pointe Nord de la Vénasque au cours de l'été 2005.

2. - Au nord-est, les cirques de Gioberney, de Chabournéou (La Chapelle) et de Chanteloube (Vallouise)

Dès les premières années de la réintroduction, des individus (mâles et femelles), qualifiés de "migrateurs" passaient l'été 15 à 20 kilomètres vers le Nord-Est, dans ces cirques glaciaires. Depuis, cette qualification n'est plus tout à fait vraie puisqu'une partie de ces bouquetins y sont désormais installés à l'année (site d'hivernage du cirque de Gioberney).

Vu sur la partie est du cirque du Gioberney avec : à gauche le Pilier du Pigeonnier et en face le vallon de Condamine, respectivement sites d'hivernage et d'estive des Bouquetins.

Photo : © Mathieu Krammer - 30 mai 2007

Actuellement, la principale zone de mise-bas en dehors du massif de lâcher correspond au vallon de Chanteloube, entre la Pointe de Verdonne et le Pic du Loup (commune de Vallouise). Cette zone de mise-bas a été utilisée 10 années (1996, 1998 à 2006), avec 38 cabris. Pour les étagnes qui passent l'hiver à Champoléon, ce cirque glaciaire n'est atteint qu'à la mi-juin, après 2 mois de déplacement et les cabris naissent donc sur le parcours. Voici ce qu'il s'est passé ces dernières années :

En 2005, une nouvelle zone de mise bas semble avoir été découverte, sur la commune de Vallouise, à mi-distance de Gioberney (à l'est) et de Chanteloube (au nord). En effet, une étagne et son cabri sont observés sur la rive gauche du haut vallon des Bans. S'agit-il du départ d'une nouvelle zone de mise-bas, encore plus au nord ? Espérons le ! Cette zone est également connue depuis quelques années pour abriter quelques mâles pendant l'été (plusieurs observations durant l'été 2002, notamment le pionnier "Caprix").

Un peu plus au nord, dans la vallée du Valgaudemar cette fois, des étagnes et leurs cabris ont été observés pour la première fois dans le cirque du Gioberney (La Chapelle-en-Valgaudemar) au cours de l'été 2003.

Le fait que "Béatrice" - estivant en 2004 à Gioberney - soit observée en 2005 en Vallouise, semble prouver que ces deux zones sont en connexion directe. La preuve est arrivée au cours de l'été 2005 : toujours "Béatrice" - d'abord observée à Chanteloube en juillet, elle a ensuite été aperçue à Gioberney en août. Au cours de l'été, les étagnes franchissent donc la ligne de crête pour fréquenter tantôt le versant Gioberney, tantôt le versant Vallouise.

Cette zone est également utilisée par des groupes de mâles, qui passent l'été entre Pic du Loup et le Mont Gioberney, jusqu'à une trentaine de kilomètres de Champoléon. Les secteurs principalement fréquentés par les groupes de mâles sont les suivantes : le glacier de Surette - Pic du Loup ; le glacier des Aupillous - Jocelme et le Mont Gioberney (Ravin de la Vache). Les groupes naviguent entre ces différentes zones durant l'été même si la plus fréquentée est celle du Ravin de la Vache.

Depuis quelques années, des individus poussent des incursions régulières vers l'ouest, en rive droite de la vallée du Valgaudemar. Ainsi, pendant l'été 2002, 3 individus ont été vus au dessus de la Rif du Sap et des traces à la Cime du Vallon. Au cours de l'été 2006, deux observations d'un mâle adulte ont eu lieu au Lambert et au couloir Escarra à l'Olan, entre Valbonnais et Valgaudemar.

3. - Au sud-ouest, la vallée de Molines et le massif du Petit Chaillol (La Motte-en-Champsaur)

La crête entre la vallée de Molines-en-Champsaur et le vallon de l'Aup est connu depuis le début de la réintroduction pour abriter des groupes de mâles.

Plusieurs groupes de mâles, qualifiés de "sédentaires", passent l'été dans le secteur de Pian (La Motte-en-Champsaur), entre les cols des Moutières, du Sellon et de Font-Froide. Ainsi, 9 mâles ont été observés au cours de l'été 2002, dont les pionniers "Bobi" et "Oscar". En 2003, le mâle "Bobi" a encore été observé dans le vallon de l'Aup. Au cours de l'été 2005, une groupe de 8 mâles est présent au niveau du col du Sellon et un autre de 7 mâles au niveau du col de Font-Froide. 2 autres mâles sont présents en contrebas, à Jas du Seigneur.

Depuis 2005, des femelles sont également observées dans ce secteur. Ainsi, l'été 2005, une harde de 7 étagnes (dont "Cora") et 1 cabri est observée sur la commune de La Motte-en-Champsaur, au col de Font Froide. De même, sur le versant Ouest du Vieux-Chaillol (commune de La Motte), un groupe de 7 Ibex composé de 2 étagnes, 2 cabris, 1 jeune de 1 an et 2 jeunes mâles est contacté.

Encore plus à l'ouest, la fréquentation estivale de la montagne du Petit-Chaillol (commune de La Motte) s'affirme d'année en année, depuis 2001 surtout. Si le versant sud (côté Champsaur) est d'avantage fréquenté, des observations ont également lieu sur le versant nord (côté Valgaudemar - communes de Saint-Jacques et Saint-Maurice-en-Valgaudemar). 2 Bouquetins ont été vus sur la commune des Costes au cours de l'été 2004.

4. Au sud-est, le massif de la Tête de Vautisse - Mourre-Froid, dans l'Embrunais (Freissinières, Champcella, Réallon...)

Dès l'été 2001, quelques observations éparses ont lieu à l'extrême sud du Parc, dans le vallon de Chargès (commune de Réallon), entre Barle et la Tête d'Esclusis. Le mâle "Bobi" a été observé dans ces secteurs à la fin de l'été 2001.

En 2004, des observations d'un à deux individus sont réalisées, dès le printemps, dans ce même secteur du vallon de Chargès, du côté de la chapelle Saint-Marcellin ou de Cros de Coni.

Enfin, lors de l'été 2006, 4 Bouquetins ont été vus dans le massif de la Tête de Vautisse, sur les communes de Freissinières, de Champcella (secteur de Vallouise), Orcières (Champsaur) et Réallon (Embrunais). Compte tenu des ces observations et de celles réalisées cet hiver (animaux observés sur Freissinières), on peut légitimement penser que cette zone semble devenir une nouvelle zone d'estive de la colonie. A confirmer dans les prochaines années.

Et bien c'est d'ores et déjà confirmé puisqu'en ce début d'été 2007, une étagne suitée a été observée sur la commune de Freissinières. C'est la première fois qu'une étagne, et donc à fortiori un cabri, sont observés dans cette zone.

5. Des incursions au nord, à partir du cirque de Gioberney ou de la Vallouise ?

Vers le nord, au cours de l'été 2003, une harde a entamé une reconnaissance de l'autre côté de la ligne de crête, en Oisans, au dessus du refuge de la Pilatte (commune de Saint-Christophe-en-Oisans), vraisemblablement par le col du Says.

Vers l'est et le nord-est maintenant, un jeune mâle passa l'été 2001 à La Blanche (Vallouise) avec un troupeau de chèvres. Sur le massif de Montbrison (commune de Vallouise et Pelvoux), des observations ont été faites au cours des étés 2001 et 2002. Ces animaux proviennent-ils du Vieux-Chaillol - Sirac ou du massif des Cerces, tout proche aussi ?

6. Autres secteurs

Il est sûr qu'en Vallouise, Valgaudemar et Champsaur, d'autres zones de mise-bas et d'estive de femelles existent. Ainsi, le comptage de 26 cabris au cours de l'hiver 2003/2004, alors que 21 seulement avaient été observés durant la belle saison, prouve qu'une ou plusieurs zones de mise-bas et d'estive de femelles nous sont encore inconnues. Pareillement en 2006, 30 cabris ont été dénombrés pendant l'été sur les sites de mises-bas connus, alors qu'ils étaient 37 lors des comptages de l'hiver 2006/2007.

Communes
Lieu-dit
Nombre d'années d'utilisation
Nombre de cabris par année
Total
95
96
97
98
99
00
01
02
03
04
05
06
La Chapelle
Gioberney - Col du Says
4
2
5
5
2
14
Pian - Jas du Seigneur
3
2
1
4
7

L'Aup

9
1
2
2
3
2
1
1
5
10
27
Champoléon
Mourre-la-Mine
12
3
2
2
5
6
7
10
14
11
16
14
7
97
Vallon du Tourrond (L'Arche, Mal Cros, la Muande)
2
1
3
4
Crête Pré du Bouc
1
2
2
Puy des Baumes
2
2
1
3
Parières
1
1
2
3
Les Clots
1
2
2
Les Bausias - Crupillouse
1
3
3
Isola
7
2
1
1
1
1
3
1
10
Puy des Auberts
1
1
1
Vallouise
Chanteloube
10
1
4
5
4
4
3
2
5
6
4
38
Coste Cougnier
1
1
1
Non connues
Sites inconnus
4
1
1
1
5
7
15
TOTAL
8
6
5
15
15
14
16
21
26
31
33
37
227

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Effectif et statut de la population

Au total, un minimum de 227 cabris est né en 11 ans (1995 à 2006)

Depuis le début de la réintroduction, on sait que 32 individus sont morts dont 19 animaux marqués (outre la découverte de cadavres, un animal marqué non observé pendant 2 ans est considéré comme mort). Comme pour le nombre de naissances, on sait que ce chiffre est sous-estimé.

Différents cas de mortalité constatés dans la colonie du Vieux-Chaillol - Sirac :

NOM
SEXE
Age
Cause
Date (de la découverte ou de la dernière observation)
LIEU
1
CAPRA
Femelle
5 ans
Avalanche
Avril 1995
Vallon de la Pierre (Champoléon)
2
MICKAEL
Mâle
6 ans
Avalanche
Mai 1995
Vallon de l'Aup (La Chapelle)
3
Cabri 1995
?
- 1 an
?
Juillet 1995
Mourre-la-Mine (Champoléon)
4
Cabri 1995
?
- 1 an
?
Août 1995
Vallon du Tourrond (Champoléon)
5
Cabri 1995
?
- 1 an
?
Octobre 1995
Sirac (Champoléon)
6
ECLAIR
Mâle
4 ans
Avalanche
Janvier 1996
Vallon du Petit Tabuc (Le Monêtier)
7
PRAPIC
Mâle
7 ans
Disparu
Janvier 1996
Les Choucières vertes (Champoléon - La Chapelle)
8
HAVANE
Femelle
6 ans
Avalanche
Juillet 1996
Chanteloube (Vallouise)
9
VAGABOND
Mâle
5 ans
Disparu
Août 1998
Mourre-la-Mine
10
PIED AGILE
Mâle
4 ans
Avalanche
Février 1997
Ravin de la Combe
11
KAREN
Femelle
9 ans
Maladie, chute
Mai 1997
Vallon du Tourrond
12
EMMA
Femelle
5 ans
Avalanche
Avril 1998
Bécé Jas la Selle (Champoléon)
13
Cabri 1997
?
1 an
Chute ?
Février 1998
Gourette (Champoléon)
14
Cabri 1998
?
- 1 an
?
Septembre 1998
Mourre-la-Mine
15
CAPUCINE
Femelle
4 ans
Disparue
Depuis 2000
Aucune observation depuis 2 ans
16
Etagne
Femelle
5 ans
Chute
Avril 2001
Barre des Clots (Champoléon)
17
Bouc
Mâle
2 ans
Maladie (coccidie)
Août 2001
Valestrèche - 2° cascade (Champoléon)
18
CARLINE
Femelle
12 ans
Disparue
Depuis juin 2002
Aucune observation depuis 2 ans
19
PETIT TAMBOUR
Mâle
8 ans
Disparu
Depuis le 22/08/2002
Aucune observation depuis 2 ans
20
CAPRIX
Mâle
11 ans
Chute Avalanche
08/12/2002
Valestrèche Rive Gauche
21
MOGLY
Mâle
18 ans
Disparu
01/03/2003
Sous Jas le Selle
22
Bouc
Mâle
4 ans
Chute
02/06/2003
Ravin de la combe du Puy
23
VITESSE
Mâle
13 ans
Avalanche
02/06/2003
Ravin de la combe du Puy
24
Cabri 2002
?
1 an
Avalanche ?
04/06/2003
Combe de Bécé
25
ROCKY
Mâle
10 ans
Disparu
Depuis le 31/07/2003
Aucune observation depuis 2 ans
26
Cabri 2003
?
- 1 an
Chute ?
02/08/2003
Vallon de l'Aup
27
OSCAR
Mâle
10 ans
Avalanche ?
07/11/2003
Rocher Roux - rive gauche du ravin de Jas la Selle
28
PRUNELLE
Femelle
14 ans
Disparue
Depuis le 13/12/2003
Le Tourrond
29
BOBI
Mâle
11 ans
Chute, avalanche
02/02/2004
Combe du Frêne (Champoléon)
30
Cabri 2004 de Mina
?
- 1 an
Chute ?
Décembre 2004
Valestrèche
31
Bouc
Mâle
9 ans
Chute
15/05/2005
Le Tourrond - ravin Adroit
32
Etagne
Femelle
1 an
Braconnage (cornes sciées)
Avril 2005
Les Fermonds
33
Cabri 2005 de Myrtille
?
- 1 an
Disparu
23/03/2006
Les Bausias
34
Cabri 2005 de Falaise
?
- 1 an
Disparu
23/03/2006
Les Bausias
35
Etagne
Femelle
7 ans
Avalanche
05/04/2006
Combe du Puy
36
CHOUCHOU
Mâle
17 ans
Avalanche
02/05/2006
Muande Bellone (La Chapelle)
37
PARRACHEE
Femelle
18 ans
Avalanche
22/05/2006
Combe du Puy
38
Etagne
Femelle
9 ans
Avalanche
Octobre 2006
Valestrèche

On s'aperçoit que la population paie un lourd tribu aux avalanches.

9 Bouquetins pionniers seraient encore en vie en 2006 :

8 étagnes : "Myrtille", "Cora", "Clochette", "Paradiso", "Mina", "Falaise", "Béatrice" et "Caresse". Seule "Caresse" n'a pas été observée pendant l'année 2006.

1 bouc : "Vanoise".

Tableaux récapitulatifs des effectifs

Année
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
Nombre de naissances attendues
8
6
6
17
16
18
20
24
Nombre réel de naissances
8
6
5
15
15
14
16
21
26
31
33
37
Nombre de cabris morts
3
2
2
2
Nombre d'autres individus morts
2
4
2
1
0
1
2
3
6
1
2
4
Apports
7
23
Effectif estimé
7
33
35
38
50
65
78
92
110
128
157
188
219
Nombre femelles + 2 ans
3
15
15
14
16
18
19
25
31
36
37
47
62
Indice reproduction
0,53
0,40
0,36
0,94
0,83
0,74
0,64
0,68
0,72
0,84
0,70
0,60
Taux natalité brute
32,00
20,69
15,15
42,86
30,00
21,88
21,05
23,60
25,49
24,60
21,29
20,33
Taux mortalité
15,15
11,43
5,26
6,00
0,00,
1,28
2,17
2,73
6,25
1,27
1,06
2,74
Taux survie juvénile (- 1 ans)
62,50
100,00
100,00
86,67
100,00
100,00
100,00
100,00
92,31
96,77
100,00
94,59
Taux survie adulte (+ 1 an)
93,94
88,57
94,74
98,00
100,00
98,72
97,83
97,27
95,31
99,36
98,94
98,17
Taux accroissement naturel
20,00
20,69
15,15
37,14
30,00
21,88
21,05
23,60
23,53
23,81
21,29
19,23

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ANNEXES


 

Observations de Bouquetins des Alpes dans le Parc National des Ecrins jusqu'en 1998 (Atlas du Parc National des Ecrins)


Réintroductions successives et évolution des populations (Atlas du Parc National des Ecrins)

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Bibliographie :

  • CRAVE et PN des Ecrins, 1995. - Faune Sauvage des Alpes du Haut-Dauphiné - Atlas des vertébrés - Tome 1. 303 p.
  • CRAVE - site internet du Centre de Recherche Alpin sur les Vertébrés.
  • PN des Ecrins, 1999-2005. - Bilans - population de Bouquetin du Vieux-Chaillol - Sirac - années 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004 et 2005.
  • PN des Ecrins, 2001-2005. - Nouvelles Bouquetins - Population du Vieux-Chaillol - Sirac - 03-07/2001, 01-05-07/2002, 01-05-07/2003, 01-05-08/2004, 01-05-08/2005.
  • PN des Ecrins, 2003-2006. - Compte-rendu des comptages Bouquetins - Colonie Vieux-Chaillol-Sirac - hivers 2003-2004, 2004/2005 et 2005/2006.
  • PN des Ecrins, 1999-2002. - Bilans des Observations Bouquetins sur le massif Valbonnais - Oisans - années 1999, 2000, 2001 et 2002.
  • PN des Ecrins, 2003. - Rapport du Comptage des Bouquetins dans le Valbonnais et l'Oisans le 24 avril 2003.
  • PN des Ecrins, 1999-2005. - Rapports d'Activité 1999, 2001, 2002, 2003, 2004 et 2005.
  • PN des Ecrins, 2003. - L'Echo des Ecrins - journal d'information du Parc National - n°20.
  • PN des Ecrins, 2000. - Atlas du Parc national des Ecrins.
  • PN des Ecrins - forum du site internet du Parc National des Ecrins.
  • WEBER Eric, 1994. - Sur les traces des Bouquetins d'Europe. - Edition Delachaux et Niestlé. 176 p.
  • Nombreux e-mails et courriers de Gilles Farny, Bernard Thomas, Laurence Saur, Cyril Coursier, Eric Vannard et Jean-Pierre Nicollet (Parc National des Ecrins) datés de juillet 2001 à août 2005.
  • Nombreux e-mails d'Olivier Tourillon (CRAVE) datés de décembre 2003 et janvier 2004.

Je tiens à remercier infiniment Bernard THOMAS, garde-moniteur du Parc National des Ecrins et s'assurant du suivi de la population de Bouquetins du Vieux-Chaillol - Sirac, qui m'envoie régulièrement les "Nouvelles Bouquetins", ainsi que de nombreux rapports, cartes et comptes-rendus réalisés par le Parc National. Sans lui, cette page serait beaucoup moins riche et complète qu'elle ne l'est actuellement. D'une manière générale, un grand merci aux gardes-moniteurs et techniciens du Parc National des Ecrins qui suivent avec passion toutes ces populations de Bouquetins, ainsi que toutes les richesses naturelles de ce territoire d'exception.


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