Page mise en ligne le 5 Juillet 2004 - Page dernièrement modifiée le Vendredi 22 Juin 2007

Populations de Bouquetins de Haute-Savoie

 

A travers cette page, je traîterai de différentes populations de Bouquetins du département de la Haute-Savoie.

Les réintroductions de Bouquetins dans ce département ont débuté dès 1967 dans des réserves de chasse et se sont poursuivies après 1976. Au total, 145 Bouquetins, provenant tous de la Réserve suisse du Mont Pleureur, ont été réintroduits.

Actuellement, le principal massif occupé est le très sauvage massif de l'Arve-Giffre, protégé par un réseau de 5 superbes réserves naturelles couvrant plus de 15.000 des 20.000 ha du massif, entre les vallées de l'Arve et du Giffre. La plus connue, la Réserve Naturelle de Sixt (9200 ha) se situe dans le massif calcaire du Haut-Giffre ; celle de Passy (1717 ha) se trouve à cheval sur le massif des Aiguilles-Rouges (cristallin siliceux) et celui du Haut-Giffre ; au contraire, les Réserves Naturelles des Aiguilles-Rouges (3279 ha), du vallon de Bérard (540 ha) et de Carlaveyron (598 ha) sont situées dans le massif cristallin des Aiguilles-Rouges, sur la rive droite de la vallée de l'Arve. Désormais, le massif de l'Arve - Giffre (les 5 Réserves Naturelles et les alentours) sont peuplés de plus de 600 Bouquetins, en une seule population.

Une population est installée au sud du Massif du Mont-Blanc, dans la Réserve Naturelle des Contamines-Montjoie, dans un territoire aux conditions très sévères. Ainsi, une partie de la population a émigré dans des secteurs plus favorables au sud de la Réserve, en Italie ou dans le Beaufortain. Le seul comptage, réalisé en 1994, a permis de dénombrer 116 Bouquetins dans les secteurs hauts-savoyards du massif (contre 265 sur l'ensemble sud du massif).

Enfin, de belles populations sont également dans le massif préalpin de Bornes (Aravis, Bargy, Tournette, Sous-Dine ...), ainsi que dans celui du Chablais (massif de Vacheresse), dans le nord du département.


Plan :


  • POPULATION DES CONTAMINES-MONTJOIE

  • POPULATION DU MASSIF DE BORNES

  • POPULATION DU MASSIF DE VACHERESSE

 

 


POPULATION DU MASSIF DE L'ARVE - GIFFRE


 

La réintroduction

La population de Bouquetins des Alpes du massif de l'Arve - Giffre est issue de deux campagnes de réintroductions sur deux lieux différents du massif.

Cette cinquantaine de Bouquetins, provenant de la Réserve suisse du Mont Pleureur (canton du Valais), est à l'origine de la population actuelle.

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Territoires occupés

Deux "noyaux" principaux de populations sont identifiés : l'un sur Sixt / Grenairon (nord-est du massif) et l'autre sur les Aiguilles Rouges (sud-est du massif). Enfin, un noyau secondaire est présent sur Platé / Les Fiz (sud-ouest du massif). Des échanges ont cependant lieu entre chacun de ces noyaux, puisque le suivi de Bouquetins marqués a montré qu'une partie des individus passant l'hiver sur Sixt estivent sur les Aiguilles-Rouges.

Pendant l'été, la ségrégation entre les deux "noyaux" principaux de populations (l'un plutôt centré sur l'Arve-Giffre et l'autre sur les Aiguilles-Rouges) est plus difficile à deviner.

Sur le massif de Sixt-Passy, tout le nord-ouest, le nord et l'est de la Réserve naturelle de Sixt (jouxtant la Suisse) est colonisée par la population en été, depuis la crête entre la Dent de Verreu et la Pointe Rousse jusqu'au Grenier de Commune et le Grenairon, en passant par les Dents Blanches, le Cirque du Bout du Monde et le Cirque de Fer-à-Cheval. Plus au nord, il est possible que des groupes d'Ibex passent l'été dans le secteur Folly-Bostan, sur la commune de Samoëns (Hors réserves naturelles).

Ici, le secteur du Tenneverge semble d'avantage une zone d'estive occupée par les mâles (bien que de petites zones de mise-bas existent). Le secteur du Grenairon, au contraire, abrite de façon indifférentiée des groupes de mâles et des groupes de femelles.

Ce territoire estival se poursuit ensuite hors réserve dans le Val de Tré-les-Eaux ainsi que dans la Réserve naturelle du Vallon de Bérard. Enfin, dans la Réserve naturelle des Aiguilles-Rouges, les Bouquetins occupent toute la crête depuis l'Aiguille du Belvédère jusqu'au Brévent (ouest de la Réserve), ainsi les Cheserys. Sur le massif des Aiguilles-Rouges, la partie septentrionale est surtout occupée par les groupes de mâles, tandis que la partie sud et le versant sud-est du massif sont d'avantage utilisés par les groupes de femelles et de jeunes.

Enfin, plus à l'ouest du massif, entre les Réserves naturelles de Sixt et de Passy, d'autres groupes passent l'été : il s'agit de la crête du Val de Villy à la Tête du Colonney (hors réserve) et au Désert du Platé. D'autres Ibex se cantonnent sur les Rochers des Fiz, depuis la Tête de l'Ane jusqu'à la Pointe des Sales.

Les secteurs occupés en hiver sont plus localisés. Ils se trouvent en général à proximité immédiate des zones occupées en été mais à des altitudes généralement plus basses. Si les territoires estivaux sont continus sur l'ensemble du massif de l'Arve-Giffre, les domaines hivernaux sont isolés les uns des autres.

Au nord de la Réserve naturelle de Sixt, on trouve comme territoires occupés en hiver : les Dents Blanches ; la Crête entre la Pointe Rousse et la Pointe de Bellegarde ; la crête entre la Tête du Grenier et la Dent de Verreu ; le massif rocheux entre le Pic de Tenneverge et les Cornes du Chamois ; les Frêtes du Grenier.

Au sud de la Réserve de Sixt, les alentours de la Pointe Perfia (aval du Désert du Platé) sont également une zone d'hivernage régulière. Hors réserve, la rive gauche du vallon de Bérard est occupée en hiver.

Dans la Réserve des Aiguilles-Rouges, il s'agit de la crête entre l'Aiguille de Bérard et l'Aiguille du Belvédère, du versant sud de la crête entre l'aiguille de la Glière et la Tête du Béchat, du versant sud du Brévent, de la Montagne de Charlanon (commune de Chamonix, zone hors réserve) et du Cheserys.

 

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Effectif et statut de la population

La population du massif du Haut-Giffre (Réserves de Sixt et de Passy) a fortement augmenté les décennies suivant le lâcher, grâce à un apport non négligeable d'Ibex venant de la Suisse contigüe, ainsi que de Bouquetins du massif des Aiguilles-Rouges. En 1994, près de 300 Ibex occupaient le massif.

Justement, dans ce massif, une vingtaine de Bouquetins seulement ont été recensés en 1990, suite à l'émigration de nombreux groupes dans le nord, vers les réserves de Sixt et de Passy. Heureusement, l'implant réussit cependant puisque 75 animaux furent recensés en 1994.

Depuis, les deux noyaux semblent avoir fusionné puisqu'il est impossible de discerner en été les bouquetins du Haut Giffre de ceux des Aiguilles-Rouges. En 1999, un comptage "fractionné" inventoriait 529 Bouquetins, sachant que ce chiffre sous-estime vraisemblablement l'effectif réel de 20 à 60 % ! L'hypothèse basse est donc de 600 individus pour l'ensemble du massif de l'Arve - Giffre, mais il est sans-doute fortement plus élevé.

La population de l'Arve-Giffre n'est pas isolée et des échanges d'individus se font certainement avec d'autres colonies du Chablais (Haute-Savoie), du Valais (Suisse) ou du Mont-Blanc (France / Italie)... Ainsi, il n'est pas inutile de rappeler qu'en 1963, avant que les premières réintroductions n'aient lieu à Sixt et dans les Aiguilles-Rouges, 3 Bouquetins provenant de réintroductions suisses ont été observés dans le désert de Platé...

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Bibliographie :

  • ASTERS et Réserves Naturelles de Haute-Savoie, 2001. - Le Bouquetin des Alpes, Bilan des connaissances dans les réserves naturelles de Haute-Savoie, 1986-2000. 63 p.
  • WEBER Eric, 1994. - Sur les traces des Bouquetins d'Europe. - Edition Delachaux et Niestlé. 176 p.
  • E-mails de P. Gardet (Réserves Naturelles de Haute-Savoie) datés du 20/07/2001 et du 09/09/2002.

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